La cybersécurité et la sûreté ne peuvent plus être gérées séparément dans les entreprises de nos jours. Pendant longtemps, la protection des données informatiques d’un côté et le gardiennage physique des bâtiments de l’autre fonctionnaient dans des directions totalement étanches. Cette époque est aujourd’hui révolue. Un groupe de pirates informatiques n’a plus du tout besoin de crocheter une serrure pour s’introduire dans un entrepôt logistique ou une usine. Il lui suffit d’exploiter une faille de sécurité sur une simple caméra connectée au réseau de l’entreprise.
Quand les objets connectés deviennent des portes d’entrée pour les pirates
Les institutions publiques de référence, à l’instar de l’ANSSI et du CNPP, tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur la grande vulnérabilité des installations physiques actuelles. Les systèmes de vidéosurveillance IP, les alarmes connectées et les serveurs centraux de contrôle d’accès électronique sont devenus les cibles prioritaires des cybercriminels.
Souvent installés à la va-vite sans configurations de sécurité avancées, ou rarement mis à jour par les équipes de maintenance, ces équipements connectés se transforment en véritables chevaux de Troie.
En prenant le contrôle d’une seule caméra, un hacker peut non seulement aveugler la sécurité d’un site industriel stratégique, mais aussi s’en servir comme d’une passerelle réseau pour infiltrer les serveurs généraux de l’entreprise et y dérober des fichiers confidentiels.
Des conséquences concrètes sur la sécurité des personnes
Les vagues d’attaques par rançongiciel qui ont lourdement paralysé plusieurs hôpitaux français, comme les établissements de Corbeil-Essonnes ou de Versailles, décrivent parfaitement la gravité de ce problème.
Dans ces situations de crise, le blocage des serveurs informatiques a instantanément basculé dans la réalité physique des bâtiments.
Des services d’urgences ont dû fermer leurs portes aux ambulances, des blocs opératoires entiers ont été paralysés, et les badges électroniques d’accès aux zones sensibles de l’hôpital ne fonctionnaient plus du tout.
Le risque numérique se traduit alors directement par une menace vitale immédiate pour les patients et pour le personnel soignant sur place. Les infrastructures critiques, les usines chimiques et les réseaux de transport font face au même défi opérationnel : un logiciel malveillant peut provoquer un accident industriel bien réel.

Unifier la gouvernance des risques pour briser les silos en entreprise
Face à ces menaces dites hybrides, l’organisation interne des structures privées doit changer du tout au tout. Les enquêtes récentes menées par le CDSE (Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises) confirment qu’un grand rapprochement stratégique est enfin en cours. Plus de la moitié des grandes entreprises françaises ont commencé à fusionner ou à faire travailler ensemble leurs équipes informatiques et leurs directions de la protection des locaux.
Il est désormais insensé qu’un responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) ignore l’identité des prestataires qui pénètrent physiquement dans la salle des serveurs.
De la même façon, un directeur de la sûreté ne peut plus ignorer le fonctionnement informatique de ses propres alarmes.
La solution passe alors par une centralisation de la gestion des risques, un audit permanent des systèmes connectés et une formation des agents de terrain aux bases du numérique pour garantir la résilience globale de l’organisation.





